Candidature de la Guinée à la CAN : « Ses chances dépendent de la pertinence du dossier »

Photo : Guinée 360

Crédit photo : Guinée 360

La Guinée a officiellement manifesté son intention d’organiser l’une des prochaines éditions de la Coupe d’Afrique des nations, en visant les années 2032 ou 2036. Cette ambition, analysée par le consultant sportif Thierno Saïdou Diakité, place Conakry face à un défi technique et diplomatique majeur auprès de la Confédération africaine de football. L’enjeu est autant d’obtenir l’organisation que de restaurer la crédibilité du pays sur la scène sportive continentale.

L’expression de cet intérêt pour les éditions 2032 ou 2036 intervient dans un contexte particulier pour le football guinéen. Le pays avait en effet été désigné précédemment pour accueillir la CAN 2023, une compétition qui a finalement été décalée à 2025 en raison d’un glissement global du calendrier. Cependant, l’organisation de cet événement a été retirée à la Guinée pour être attribuée au Maroc. Ce précédent historique marque une étape difficile dans la relation entre les autorités sportives nationales et l’instance dirigeante du football africain, rendant la nouvelle candidature d’autant plus symbolique.

Pour Thierno Saïdou Diakité, cette nouvelle démarche représente une opportunité stratégique de renouer avec la confiance de la Confédération africaine de football. Le consultant estime qu’il est essentiel que la Guinée puisse se racheter vis-à-vis de la CAF, qui avait initialement accordé sa confiance au pays pour l’édition de 2023. Au-delà de l’aspect institutionnel, cette candidature est perçue comme un signal fort envoyé à la jeunesse sportive guinéenne, qui aspire à voir son pays accueillir le plus grand événement footballistique du continent et à retrouver une dynamique de succès organisationnel.

Le processus d’attribution d’une telle compétition est rigoureux et se déroule en plusieurs phases distinctes. Actuellement, la Guinée se trouve à la première étape, celle de la manifestation d’intention. Cette phase consiste en l’envoi d’un courrier officiel à la CAF pour signaler la volonté d’organiser le tournoi. Si cette intention est acceptée par l’instance, la CAF transmettra ensuite un cahier des charges détaillé. Ce document technique définit les exigences strictes en matière d’infrastructures, de logistique et de sécurité que le pays candidat doit s’engager à respecter pour garantir la tenue de la compétition.

La question des infrastructures demeure un point central de l’analyse. À l’heure actuelle, la Guinée ne dispose que d’un seul stade homologué, le stade du 28-Septembre, et ce, à titre temporaire. Cette situation souligne l’ampleur des travaux et des investissements nécessaires pour répondre aux standards internationaux exigés par la CAF. La capacité du pays à moderniser ses installations sportives et à proposer des garanties concrètes sera déterminante pour transformer l’intention initiale en une attribution effective de la compétition pour 2032 ou 2036.

L’enjeu infrastructurel ne se limite pas à la simple homologation d’une enceinte, mais englobe l’ensemble de l’écosystème nécessaire à l’accueil d’une phase finale. Le cahier des charges mentionné par le spécialiste implique généralement la disponibilité de plusieurs stades de haut niveau, de centres d’entraînement modernes et d’un réseau hôtelier capable d’absorber le flux des délégations et des supporters. Pour la Guinée, le défi consiste donc à présenter un plan de développement urbain et sportif cohérent qui puisse rassurer le Comité exécutif sur la viabilité du projet à long terme.

La concurrence pour l’obtention de l’organisation s’annonce particulièrement rude. Le Sénégal a déjà annoncé sa propre candidature, se positionnant comme un concurrent direct. Parallèlement, une dynamique régionale émerge avec les pays membres de l’Alliance des États du Sahel. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger envisagent en effet de présenter une candidature commune pour l’édition de 2032. Cette approche mutualisée pourrait constituer un poids important face aux candidatures individuelles, obligeant la Guinée à proposer un dossier extrêmement solide pour se démarquer.

Cette stratégie de candidature groupée adoptée par les pays de l’AES modifie la donne géopolitique du football africain. En mutualisant leurs ressources et leurs infrastructures, le Mali, le Burkina Faso et le Niger pourraient offrir une alternative attractive et stable à la CAF. Face à ce bloc, la Guinée devra mettre en avant ses propres atouts spécifiques et démontrer que sa candidature individuelle est tout aussi viable, voire plus avantageuse, en termes de logistique et d’attractivité pour les sponsors et les fédérations participantes.

En définitive, le succès de cette ambition dépendra exclusivement de la qualité et de la pertinence du dossier qui sera soumis au Comité exécutif de la CAF. Thierno Saïdou Diakité insiste sur le fait que les chances de gagner l’organisation reposent sur la capacité des autorités à convaincre les dirigeants de l’instance africaine. Le dossier devra démontrer non seulement la faisabilité technique du projet, mais aussi la volonté politique et financière de mettre en œuvre toutes les dispositions nécessaires pour accueillir les nations africaines dans des conditions optimales.

L’enjeu pour la Guinée est donc de transformer cette phase d’intention en un projet concret et convaincant. Le passage du courrier d’intention à la réponse positive du Comité exécutif nécessitera une planification rigoureuse et une transparence totale sur les capacités d’accueil du pays. La réussite de cette démarche permettrait non seulement de repositionner la Guinée sur la carte du football africain, mais aussi de combler le vide laissé par le retrait de l’édition de 2025, offrant ainsi une nouvelle perspective d’espoir aux supporters et aux athlètes du pays.

Par La Rédaction

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Résoudre : *
24 × 5 =