Feu dévastateur sur camion-citerne à Kelemada : analyse des risques sanitaires

Illustration KAKILAMBE

Le lundi 22 juin, un camion-citerne de carburant a pris feu à Kelemada, vingt kilomètres de Nzérékoré, provoquant une confinement immédiat des habitants et des risques d’émissions toxiques. Les premières investigations menées par l’agent d’intervention indique que le véhicule, originalement issu de Macenta, a quitté la route en freinant brusquement avant de s’enflammer. Selon les autorités locales, l’incident survient dans un contexte d’augmentation des accidents routiers traités par la police nationale.

Le 22 juin, à 07h30, les premiers phares de l’incendie se sont hissés dans le ciel de Kelemada, alertant les brigades de pompiers de Nzérékoré. Le camion-citerne, unique sur la route et isolé du centre urbain, transportait environ 4 000 litres de kérosène. L’éruption, localisée dans le compartiment moteur, a éclaté dès que le conducteur a tenté de franchir un virage artificiel. Au moment de l’arrivée des secours, le véhicule était déjà en pleine combustion, libérant une fumée noire épaisse et dense.

Les brigades, mobilisées en trois équipes, ont mis trois heures pour maîtriser l’incendie. L’équipe de secours a isolé les environs immédiats et a évacué les résidents de la zone de 500 mètre, craignant la fumée toxique. Un arrêt sanitaire a été mis en place pour surveiller les risques d’inhalation de composés volatils, notamment le monoxyde de carbone et le dioxyde de soufre.

Le chef de la brigade de Kelemada, M. Diallo, souligne que la chaleur extrême a mené à une déformation du réservoir, provoquant la rupture des dispositifs de sécurité. « Nous avons vu que le goulot d’évacuation était obstrué, ce qui a fait accéder l’acide hydrolysant à l’intérieur du compartiment », explique-t‑il. Il précise également que le camion avait déjà montré des signes de corrosion, ce qui a renforcé son risque d’explosion.

L’autorité portuaire locale a annoncé un contrôle renforcé des véhicules transportant des liquides inflammables, en vue de prévenir toute future catastrophe. Une enquête interne examine la conformité de la route et l’état mécanique du véhicule. Le ministère de la Sécurité routière a rappelé la nécessité de routine techniques avant chaque trajet et de l’usage obligatoire des barrières anti-explosion.

Les résidents expriment des craintes quant aux effets possibles sur la santé à long terme. « Quand j’ai vu la fumée, j’ai pensé à toutes les enfants qui respirent encore la même aire », déclare une mère de trois ans, encore sous le choc.

Au final, l’incident met en lumière la fragilité de la sécurité routière dans la région et l’importance d’équipements de protection pour les transporteurs. Le feu n’est pas seulement une perte financière; il est le point de départ d’un risque accru de maladies respiratoires et de contamination de l’environnement local. Les autorités doivent rapidement mettre en œuvre des standards de sécurité scolaires et industrielles pour éviter que l’ouragan de la colère des résidents ne devienne un désastre sanitaire complet.

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