Corruption active : Antonio Souaré sur la sellette

Les délateurs professionnels n’ont pas manqué d’accuser le président du Groupe Business Marketing de corruption active depuis belle lurette. Mais le commun des mortels ne croyait pas un mot.

Et bien c’est désormais un secret de polichinelle après le chèque qu’il vient de donner à un haut perché de la police, en l’occurrence le commissaire Fabou Camara, directeur de la police judiciaire.

Le bénéficiaire a confirmé à la presse avoir reçu et empoché 200 millions de francs guinéens. Justifiant ce geste par la « reconnaissance ». Personne ne croit à un traître mot de ce qu’il a soutenu, au regard du fait que tous les deux ne se connaissaient point jusque-là et n’avaient pas l’un pour l’autre d’atomes crochus.

Mais, soudainement, Antonio Souaré se dit subjugué et content du travail que l’officier mène à la tête de la direction nationale de la police judiciaire. Quel travail? Un argument aussi facile que farfelu d’autant plus que le bénéficiaire du chèque ne fait pas de miracles à son poste de service. Bien au contraire ! Il est décrié par l’écrasante majorité des Guinéens qui l’assimilent plutôt à un bourreau avec la répression sauvage des manifestations de rue dont il serait un artisan complimenté.

Alors pourquoi tout d’un coup Antonio Souaré se sentirait-il reconnaissant envers un individu qu’il n’a jamais connu et pratiqué? Pourquoi commence-t-il à soudoyer le commissaire Fabou qui était anonyme avant son arrivée à la tête de la DPJ? A-t-il une mission confidentielle à lui confier car le sieur Souaré n’est pas de la trempe d’un fournisseur désintéressé qui n’attend pas de retour, un samaritain qui donne pour ne pas mieux reprendre ?

Tels sont les questions que se posent les analystes qui ont perdu confiance dans la personnalité du président de la feguifoot, souillée par les calculs d’intérêt.

Visiblement, Mamadou Antonio Souaré a des choses à cacher d’autant plus qu’il se rapproche toujours, comme c’est le cas, de ceux qui l’ont en ligne de mire.

L’on se rappelle qu’il avait voté pour la candidature américaine à l’organisation de la coupe du monde 2022, en étant promoteur de celle marocaine. À l’époque, il avait confié à un de ses « amis » ne pas être fou pour se mettre les Américains sur son dos, étant un homme d’affaires.

En d’autres termes, il ne mettrait jamais son business en péril juste pour défendre une cause perdue pour laquelle il plongerait en Enfer. Voilà donc un volte-face et une gymnastique envoûtante dont il a le secret, et qui lui permettront aussi longtemps qu’espéré d’être épargné des accusations de blanchiment d’argent.

Malgré tout, les Américains ne devraient pas fermer continuellement les yeux sur ce business, son business, auquel il tient comme à la prunelle de ses yeux. Tout comme les services d’investigations de la police qui savent dorénavant à qui ils ont à faire. Les masques ont commencé à tomber.

Cliquez ici pour lire l’interview 

Publiée par Mariam Loopy Bah sur Jeudi 8 octobre 2020

Mahawa Sylla

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